Le pouvoir des habitudes : Changer un rien pour tout changer

Le pouvoir des habitudes : Changer un rien pour tout changer – Ce livre qui a valu à son auteur le prix Pulitzer a connu un grand succès aux USA. Il est mérité car il met à notre portée un contenu riche. L’auteur sait raconter des histoires et c’est avec elles qu’il nous fait découvrir cet univers des habitudes, de nos habitudes bonnes ou mauvaises, de leur façon de naître et de libérer notre cerveau d’une charge mentale inutile, mais aussi des manières qu’ont les entreprises ou les acteurs sociaux de les faire évoluer dans le sens qu’ils souhaitent. On pourra apprécier les dernières pages où il précise comment changer d’habitude, synthétisant de façon pratique tout le savoir exposé pendant près de 300 pages.

Ce livre est très bien documenté. On apprend beaucoup. Si tout est intéressant, tout ne se rapporte pas aussi évidemment que le dit l’auteur à la notion d’habitude. La question du libre arbitre est opportunément abordée. Elle aurait mérité d’être plus approfondie avec un éclairage philosophique et pas seulement psychologique. Mais ces critiques mineures n’enlèvent rien à l’intérêt de ce livre qui mérite d’avoir en France le même succès qu’outre Atlantique.

Extrait du prologue

Se désintoxiquer de ses habitudes

De toutes les participantes, Lisa Allen était la préférée des scientifiques.
Âgée de trente-quatre ans d’après son dossier, elle avait commencé à fumer et à boire quand elle en avait seize, et passé la quasi-totalité de sa jeune existence à lutter contre l’obésité. À vingt-cinq ans, elle était traquée par des sociétés de recouvrement pour 10000 dollars de dettes. D’après un CV qui n’était plus à jour depuis longtemps, elle n’avait jamais conservé un emploi plus d’un an.
Et pourtant, la jeune femme que les chercheurs avaient aujourd’hui en face d’eux avait l’air énergique, la silhouette élancée, et une paire de jambes musclées de joggeuse. Elle paraissait dix ans de moins que sur les photos de son dossier et, côté exercice, elle n’avait sans doute rien à envier aux messieurs présents dans la salle. D’après le dernier rapport attaché à son dossier, Lisa n’avait plus de dettes, ne buvait pas, et entamait son trente-neuvième mois d’activité dans un studio de graphisme.
«Quand avez-vous fumé votre dernière cigarette ?», lui demanda l’un des praticiens, en entamant la liste de questions auxquelles Lisa répondait chaque fois qu’elle se rendait dans ce laboratoire de la périphérie de Bethesda, dans le Maryland.
«Cela fera bientôt quatre ans, fit-elle. Depuis, j’ai perdu trois kilos et couru un marathon.»
Elle avait aussi entamé une maîtrise universitaire et s’était acheté une maison. La période avait donc été fertile en événements.
Parmi les scientifiques présents dans la salle, on comptait des neurologues, des psychologues, des généticiens et un sociologue. Ces trois dernières années, grâce au financement des instituts nationaux de la Santé, ils avaient sondé Lisa et plus d’une dizaine d’autres anciens fumeurs, boulimiques chroniques, buveurs à problèmes, accros du shopping et autres individus souffrant d’habitudes destructrices. Tous les participants à cette étude avaient un point commun : en un laps de temps assez bref, ils s’étaient reconstruit une existence. Les chercheurs voulaient comprendre comment. Ils ont donc mesuré les signes vitaux des sujets, installé des caméras vidéo à leur domicile pour les surveiller dans leurs activités quotidiennes, séquence certaines parties de leur ADN et, grâce à des technologies mesurant le fonctionnement cérébral en temps réel, ils ont suivi les flux électriques et sanguins à l’intérieur de leur cerveau chaque fois qu’ils étaient exposés à la tentation, qu’il s’agisse d’une cigarette ou d’un somptueux repas. Le but des chercheurs était de comprendre le fonctionnement des habitudes sur le plan neuronal – et ce qu’il fallait pour réussir à les modifier.
«Je sais que vous nous avez déjà raconté cette histoire dix fois, s’excusa le médecin auprès de Lisa, mais certains de mes collègues ne l’ont entendue qu’indirectement. Cela vous ennuierait de leur exposer à nouveau comment vous vous y êtes prise pour renoncer à la cigarette ? – Bien sûr, fit Lisa. Tout a commencé au Caire.» Des vacances décidées sur un coup de tête, expliqua-t-elle. Quelques mois plus tôt, en rentrant du travail, son mari lui annonçait qu’il la quittait parce qu’il était tombé amoureux d’une autre. Il avait fallu à Lisa un certain temps pour digérer cette trahison et intégrer le fait qu’elle allait devoir demander le divorce. Il y avait eu une période de deuil, puis une phase où elle l’avait espionné de façon très obsessionnelle, en suivant sa nouvelle compagne en ville, où en lui téléphonant après minuit, avant d’aussitôt raccrocher. Ensuite, il y avait eu cette soirée où Lisa s’était présentée devant le domicile de la jeune femme, ivre, cognant à sa porte et hurlant qu’elle allait mettre le feu à l’immeuble.
«Pour moi, cela n’a pas été une période très brillante, admit Lisa. Alors, voilà, j’avais toujours eu envie de voir les pyramides, et je n’avais pas encore atteint le plafond de dépenses de mes cartes de crédit.»
Pour sa première matinée au Caire, Lisa s’était éveillée à l’aube aux accents de la prière d’une mosquée voisine. À l’intérieur de sa chambre, il faisait nuit noire. N’y voyant quasiment rien et assommée par le décalage horaire, elle avait tendu la main pour attraper une cigarette. –Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Présentation de l’éditeur

Lisa souffrait de boulimie, d’alcoolisme, de tabagisme et de surendettement. Un jour, tout a changé : en modifiant une pièce du puzzle de son existence, elle est sortie du cercle vicieux de ses habitudes toxiques. Comment Starbucks est-elle devenue un mastodonte générant plus de 10 millions de dollars de chiffre d’affaires par an ? En changeant une habitude de management. L’habitude est le pilote automatique de notre cerveau. S’appuyant sur les dernières recherches en psychologie et en neurosciences, Charles Duhigg en dévoile le fonctionnement et révèle ce principe élémentaire : si notre vie est faite d’habitudes clés qui régissent nos conduites à notre insu, il suffit d’en modifier un élément pour créer un cercle vertueux. En changeant de clés, vous ouvrirez des portes insoupçonnées !

Détails sur le livre

  • Broché: 474 pages
  • Editeur : Flammarion (24 février 2016)
  • Collection : Clés des champs
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2081342626
  • ISBN-13: 978-2081342620
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