Les Confessions de Nat Turner

Les Confessions de Nat Turner – Etats Unis, 1831. Dans la Virginie rurale, Nat Turner, esclave noir lettré attend son procès puis son exécution. Il a été le leader d’une révolte d’esclaves qui a tué une cinquantaine de blancs (hommes, femmes, enfants…) et entrainé une répression contre les noirs encore plus meurtrière. Enchainé dans sa prison, il se remémore sa vie, ses rencontres, ce qui l’a poussé à la révolte.
William Styron est surtout connu pour l’énorme et génial « Choix de Sophie », qui associait les thèmes de la Shoah, de la passion, de la folie et des premiers émois amoureux. Cette « confession », publiée douze ans auparavant, est encore un immense roman.
Le style est simple et très agréable. La forme est un assemblage de flash-back bien maîtrisé.
Mais surtout le plus important, c’est le thème et son contexte. Styron, blanc lui-même originaire de Virginie, décrit les horreurs de l’esclavage (familles séparées et vendues comme du bétail, viols, maltraitance, travail abrutissant, maintien dans l’illettrisme et l’ignorance, misère sexuelle et affective…) et des esclavagistes, mais aussi les travers des « bons blancs » (paternalisme, esprit de supériorité…) et de son héros (prophétisme religieux, tueur d’innocents). Il s’attache plus à décrire très précisément un contexte et des causes, que défendre ou accuser les uns et les autres.

Détails sur le produit

  • Poche: 544 pages
  • Editeur : Gallimard (16 décembre 1982)
  • Collection : Folio
  • Langue : Anglais, Français
  • ISBN-10: 2070374254
  • ISBN-13: 978-2070374250

Les véritables “confessions de Nat Turner” existent, mais Styron a voulu se réapproprier l’histoire ; il faut dire qu’il était comme taillé pour la tâche : né en Virginie à moins de 200 km du lieu de la révolte du vrai Nat Turner, avec un grand-père propriétaire d’esclaves, il était l’un des très rares écrivains totalement crédibles pour raconter cette mutinerie aussi courte que sanglante.

Sous sa plume toujours étourdissante, Nat Turner est donc cet “esclave éclairé”, plus intelligent que nombre de ses frères de galère, plus dévot que nombre de blancs, connaisseur pointilleux de la Bible et des écrits des grands prophètes qu’il aime se psalmodier à part lui pour l’orienter dans ce qu’il ressent être sa “mission divine” : massacrer le plus de blancs possible. Une ironie du destin l’amènera à considérer une certaine Jérusalem (vraie ville de Virginie) comme aboutissement de sa mission, ville qu’il n’atteindra d’ailleurs jamais. Impossible de ne pas y voir un écho, par inversion, de la mission divine du Christ, qui lui atteindra sa Jérusalem pour y mourir. Nat Turner/Jésus : les deux faces d’une même pièce ?

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