Les Biscuitières

Les BiscuitièresLes Biscuitières – Charlotte arrive un beau matin, conduite par son père, dans la biscuiterie du comte Z. pour y entrer comme apprentie. Elle travaillera sous la protection de Mélanie, la maîtresse du comte, qui règne en despote absolue sur les biscuitières. Initiée aux joies troubles du saphisme par Mélanie qui ne tarde pas à en faire sa poupée, Charlotte est bien vite entraînée dans des jeux de domination particulièrement scabreux sur la personne du garçon de bureau, Philéas. Sans compter sur Rosalinde Darley, la fille du pasteur, une voyeuse impénitente, qui lui fait découvrir peu à peu tous les secrets de la biscuiterie et de ses biscuitières.

Extrait

COMMENT JE DEVINS FILLE DE BUREAU

J’approchais de mes seize ans, quand mon père, voyant le peu d’enthousiasme que j’apportais à mes études, prit le parti de me faire entrer comme apprentie à la biscuiterie, une des nombreuses entreprises que le riche comte Zappa, notre propriétaire, possédait dans la région.
Je n’en menais pas large le jour où il m’y conduisit ; il faut dire qu’au village, les bruits les plus fâcheux couraient sur les moeurs des biscuitières. Mes soeurs aînées qui avaient dû y travailler toutes les deux pendant quelques mois avant de se caser m’avaient raconté que les contremaîtres menaient la vie si dure aux ouvrières pour les obliger à coucher avec eux qu’elles n’avaient toutes qu’une idée en tête : trouver au plus tôt un imbécile qui les épouse pour les délivrer de ce bagne.
Mais toutes n’avaient pas la chance qu’avaient eue mes soeurs, aussi, en attendant de dénicher l’oiseau rare, étaient-elles obligées de subir la loi des contremaîtres qui les traitaient comme des esclaves quand elles refusaient de céder, et comme des putains quand elles se soumettaient à leurs désirs. Hors de l’usine, habituées très tôt aux plaisirs de la chair, elles passaient d’un amant à l’autre dans l’espoir de faire une fin, mais comme elles les recrutaient le plus souvent parmi les vauriens qui fréquentaient la salle de billard, et qu’ils ne cherchaient, quant à eux, qu’à se les échanger pour coucher avec toutes, elles n’étaient guère mieux loties avec ces chenapans qu’avec les contremaîtres qui abusaient d’elles.
Connaissant leur réputation de filles légères, des hommes de la ville voisine venaient régulièrement, en fin de semaine, les chercher à la sortie de l’usine et les emmenaient en voiture pour faire la foire à Londres d’où elles revenaient par le car, le lundi matin, avec des teints de papier mâché, en se vantant de s’être amusées comme des folles.
Mon père n’ignorait rien de cela, mais il comptait sur la sévère éducation religieuse que nous avions reçue, mes soeurs et moi, pour me protéger contre les dangers de la corruption. Il me renouvela néanmoins ses mises en garde contre les tentations que je pourrais subir de la part de ces filles dépravées.
– Ne les écoute pas si elles te promettent monts et merveilles. Ce sont des pécheresses. Contente-toi de travailler, d’obéir aux ordres sans discuter, et de rapporter ta paye à la maison. Nous en avons bien besoin pour te constituer une dot, et te marier au plus tôt comme tes soeurs avec un brave garçon sans imagination. Une fois mariée, tu pourras courir le guilledou tant qu’il te plaira, cela ne tirera plus à conséquence ! –Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

  • Poche: 358 pages
  • Editeur : La Musardine (9 juillet 2015)
  • Collection : Lectures amoureuses
  • Langue : Français

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